Construcción de un Cajon de maderas.

samedi 21 octobre 2006.
 
Pour un percussionniste, difficile d’amener sa batterie sur la plage. Alors ? Etre condamné à écouter les guitaristes autour du feu de camp en se claquant les cuisses ? Non, la solution s’appelle "el Cajon" !

El Cajon

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el Cajon

Le cajon est une caisse de bois apparemment toute bête sur laquelle on s’assoit et que l’on frappe avec les mains.

En réalité, le cajon est un peu plus complexe que ce qu’il laisse voir extérieurement. La face avant (ou tapa) possède une partie inférieure tendue pour avoir un son sourd résonnant et une partie supérieure semi-libre (ni collée ni vissée) pour obtenir un bon son claqué. Des cordes de guitare sont plaquées contre la tapa et renforcent l’effet sonore.

Les combinaisons sont infinies et le luthiers ont tous leurs secrets de fabrication.

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4 cordes au sommet pour ce modèle

Les qualités du cajons sont nombreuses :
- léger,
- peu encombrant,
- confortable ! (on s’assoit dessus ;-)
- versatile (au moins 3 sons),
- facile à construire soi même,
- peu onéreux (moins de 30 euros).


Un peu d’histoire...

Les origines du Cajon sont incertaines. Probablement l’amérique du sud où les esclaves l’ont crée pour rythmer leurs complaintes. Car il était évident aux yeux des conquistadores chrétiens que la musique "de sauvage" était inspirée du diable ! Donc, pas de musique pour les esclaves. Il semble donc qu’à l’origine, ces derniers détournaient des petites caisses de bois contenant des cigares ou des bouteilles et s’en servaient comme tambour.

Au cours du XXème siècle, le cajon arrive en Espagne pour être rapidement intégré dans les formations de flamencas.

Ces dernières années, le cajon est très utilisé sur la scène alternative par des groupes comme Tryo et Sergent Garcia ou par des artistes de variétés comme M, Lavilliers...


Les matériaux

Le Cajon est un parallélépipède de bois et comme tout bon parallélépipède, il est constitué de 6 côtés ( ;-)

L’arrière, la base, le sommet et les flancs sont découpés dans du contreplaqué (CTP) de 10 ou 12 mm.

L’arrière est percé d’un évent de 12 cm de diamètre pour permettre la "respiration" de l’instrument et faciliter l’éventuelle prise de son.

Pour un CTP de 10 mm, les dimensions habituelles sont :
- arrière : 48 x 29 cm
- sommet et base : 29 x 29 cm
- flancs droit et gauche : 46 x 29 cm

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contre-plaqué de 10 ou 12 mm

La face avant appelée table de frappe ou "tapa" doit être assez fine. Une grande partie des qualités sonores du cajon sont déterminées par la nature et le placement de cette tapa.

Tout d’abord, sa nature :
- Le CTP de 5mm donne des résultats médiocres.
- Le bois brut en planche fine est utilisé sur les cajons de haut de gamme pour son excellente sonorité mais les inconvénients sont nombreux (prix, fragilité, sensibilité climatique...).
- Un très bon compromis est obtenu avec le CTP de 3mm (on en trouve chez Leroy-Merlin ou chez les modélistes).

Afin d’éviter les "mauvaises vibrations", la caisse doit être rigide. Tous les assemblages seront si possible collés. Seule une face (la tapa ou le dos) seront vissés pour pouvoir intervenir à l’intérieur en cas de dépannage.

Sur le dessin ci-dessous, seule la tapa est démontable. Des tasseaux collés sont fixés à l’intérieur près de la face avant pour que la tapa vienne se visser dessus. On peut remarquer que les vis sont peu nombreuses sur le haut.

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version light (avec tasseaux de vissage)

Sur la version ci-dessous, on peut voir un intérieur renforcé. La sonorité n’y gagne rien mais l’instrument pourra accueillir des musiciens plus...volumineux !

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version renforcée (représentée sans les tasseaux de vissage)

Construction de la caisse du Cajon

Le cajon peut être renforcé ou non.

La description si dessous est valable pour un cajon renforcé. La fabrication est plus longue mais nécessite moins de soin.

L’assemblage d’un cajon sans renfort impose une découpe parfaite des plaques et un ajustages plus précis. Les collages se font sous pression. L’air ne doit pas passer entre les plaques. Ne pas hésiter à bien charger en colle à bois vinylique (pour extérieur).

Remarque : N’étant pas très lourd, je ne renforce plus mes cajons. Je n’ai remarqué aucun problème de solidité. La sonorité est moins sourde et plus brillante.


Phase 1 (version renforcée uniquement) : les plaques du bas et du haut.

Dans le cas d’une version renforcée, on met en place deux tasseaux (20 x 20) sur la plaque de base :

Pour positionner ces deux tasseaux, on présente une plaque latérale et on aligne le tasseau pour que la plaque affleure. On encolle puis on serre les tasseaux sur la plaque de base avec des serre-joints.

Et voilà pour la plaque de base. On fait la même chose avec la plaque du haut.


Phase 2 : collage des plaques latérales.

Elles sont simplement collées par la tranche sur la base. En cas de renfort (photos ci-dessous), elles sont serrées en force contre les tasseaux de renfort.

Vue d’un assemblage renforcé. La version sans renfort et identique mais sans le tasseau.

Et voilà le résultat. Attention à bien respecter la rectitude des côtés.


Phase 3 (version renforcée uniquement) : mise en place des tasseaux de renfort arrière.

Dans le cas d’un assemblage renforcé ou d’un arrière démontable, on colle des tasseaux.

Quand les tasseaux de renfort sont collés, on peut fixer l’arrière par collage ou vissage (démontable).


L’évent arrière

L’arrière du cajon est percé d’un trou de 12 cm de diamètre. La position importe peu.


Le timbre.

Il est généralement constitué de cordes de guitare métalliques.

De très nombreuses configurations sont possibles :
- nombre de cordes
- diamètre et nature des cordes (métal, nylon...)
- position des cordes
- tension...

Tout peut s’essayer et il n’y a qu’une seule règle à respecter : éviter de faire passer une corde par le centre de la table (perturbation des basses).

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Différents timbres - Différentes sonoritées !

Pour ma part, le montage que j’utilise est le quatrième mais c’est une question de goût.


Montage du timbre.

On utilise des tasseaux 2 x 2cm de bois dur (pas de pin ni sapin) qui sont collés dans la caisse de façon à affleurer la face avant (en jaune dans le dessin ci-dessus)

Ces tasseaux ont deux fonctions :
- support et cadre rigide pour le timbre
- vissage de la tapa

Des trous de 2mm sont percés dans les tasseaux pour permettre le passage des cordes.

Les cordes sortent sur l’avant de la caisse. Quand la tapa sera montée, les cordes frotteront contre la tapa et donneront cette résonance qui caractérise le cajon.

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Les 4 cordes sortent sur l’avant. La tapa est visible à droite.

La tension des cordes peut être assurée par tout système réglable :
- mécanique de corde de guitare ou de harpe,
- tendeur à vis,
- barre de traction.

Les quelques photos ci-dessous mettent en évidence un montage 2 cordes et tendeur à vis :

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Vue de l’intérieur du cajon. Le tendeur est à droite.
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Le tendeur et le verrou de corde.
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Vue sur le tendeur en entier.
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La vis de tension.
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Vue d’ensemble.

Système D pour bloquer une corde :

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Le verrou de corde.
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Vis de blocage. Percée pour le passage de la corde.

Mise en place de la face avant

La face avant (tapa) peut être collée (montage définitif) ou vissée (démontable).

Dans mon cas, je fais le choix d’une caisse non renforcée mais définitivement assemblée (par collage uniquement) et d’une tapa démontable.

Afin de favoriser les basses, le bas de la tapa doit être vissé et plaqué fermement contre la caisse.
Tout le bas et les cotés jusqu’à mi-hauteur sont vissés avec des vis à bois de 3mm placées tous les 5 cm.
Le haut ne reçois que 3 vis qui ne sont pas serrées et qui laissent un petit jeu de 1mm entre la tapa et la caisse. Le serrage doit être réglé de façon à :
- obtenir un claquement sec sans vibrations
- une bonne résonance des cordes.


Finitions

Un cajon est un instrument de scène. Il voyage, va à la plage, sert à poser la bière entre deux sessions de buleria, accueille sans râler tous les culs de musiciens (gros et petits, mignons et joufflus ;-)

Et pour le remercier de tous ces bons services, on lui tape dessus !

Un petit coup de verni ou de peinture sur la caisse ne lui fera pas de mal. Par contre, il vaut mieux ne pas modifier la tapa afin de ne pas altérer le son. Quand la tapa est abimée, on la remplace.
Elle finira alors dignement sa vie dans un dernier éclair de lumière au milieu du feu de camp ; face aux vagues qui continuent éternellement leur danse...au son du cajon !

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Le cajon, un instrument plein de charme...

Si tu veux en apprendre plus et avant de te lancer dans une construction, vas faire un tour sur le net. Une simple recherche d’image sur le mot "cajon" te prouvera qu’il n’existe pas un mais des cajons. La diversité des sons et des formes seront autant d’inspirations et d’alternatives aux solutions techniques que tu as pus découvrir dans ce modeste article. Bonne chasse !

Une petite démo :

http://www.dailymotion.com/visited/...

Quelques pistes :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cajon

http://www.cajonfred.com/lecajonfred.htm

http://www.percussions.org/forum/ft...

Une idée pour sonoriser son cajon sur scène :

http://www.chevauchonde.net/chevauchonde/journal/article.php3 ?id_article=77

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