Retour au Sommaire |
Réparation de la dernière chance. |
EN COURS DE CONSTRUCTION
Pour ma part, je commence à être "expert" en la
matière et cela grâce à des volontaires malchanceux
qui ont brisé leur joujou en deux morceaux et chaque fois aucun
shaper ne voulait se risquer à des réparations d'une
telle ampleur !
J'ai quatre expériences à mon acif :
| 1- Un fish (sans nom...) des années 70 entièrement défoncé, rongé par l'eau de mer et quasi intégralement délaminé de l'intérieur. La fibre de verre s'était complétement dissociée du pain de mousse et celui-ci était devenu tendre et friable comme une biscotte ! Solution : délaminer intégralement la planche en laissant les dérives en place. Un séchage de plus de 3 mois dans un lieu sec et aéré. Un ponçage (voire me un "re-shape") de la planche en enlevant presqu'un centimètre de tous les côtés. Finition bois pour le nose et le tail, histoire de se faire plaisir et ensuite une déco en tissu vert pétant pour masquer l'état pitoyable du pain... Et pour finir la chanson habituelle : restratification, reglaçage, reponçage... etc...( Cf : rubrique Bolly apprenti shaper) | ![]() |
![]() |
| 2- Une HANG TEN évolutive de 2,20 m brisée en deux par mes soins lors d'une tentative de tube bien profond... trop profond... bien trop profond... résultat je suis resté dans la machine à laver et le tambour était trop étroit pour essorer une planche de cette taille ! Bref elle a cédé, bu beaucoup d'eau et en plus s'est délaminé sur plus de 70 cm de chaque côté de la cassure. Solution : j'avais entrepris de transformer cette évolutive en mini-gun ! J'ai donc délaminé l'engin intégralement et laissé sécher quelques mois. Ensuite j'ai rajouté des lattes dans la masse du pain et resoudé les deux parties l'une avec l'autre. Une fois resolidarisée, j'ai reshapé l'ex-évolutive et lui ai donné les cotes d'un mini-gun de 2,20 m. Une fois satisfait du shape, j'ai allongé la planche avec une finition bois au nose et au tail pour terminer avec une planche de 2,28 m ! Pour se faire suer, une stratification avec un pigment jaune dans la résine... Au début je n'ai pas respecté les doses prescrites par le fabricant et ça n'a jamais séché !!! Bref, on arrache tout et on recommence : les Bouuuuuuuuuuules !!! Après je me suis appliqué, j'ai respecté les consignes et ça a marché ! Et enfin, rebelotte, restratification intégrale, glaçage, ponçage... etc (Cf : rubrique Bolly apprenti shaper ) | ![]() |
![]() |
![]() |
Dans ces deux cas, je n'ai pas eu à "bricoler" sur des
parties déjà stratifiées et des parties
délaminées car j'avais entrepris de tout délaminer
et de repartir sur des pains tout blancs et tout propres ! Le seul
souci était de stratifier en ayant laissé les
dérives en place et donc de faire chque fois un joli joint entre
la nouvelle stratification et les ailerons déjà en
place...
3 - Par contre pour la
troisième expérience, notre ami JC le "Super Power surfer
MNM'S" a tenté des cabrioles rodéoesques avec une
CHEVALIER bien trop fragile pour ce genre de zizounette acrobatique !
Résultat : celle-ci a cédé en deux morceaux, bien
au milieu de la planche mais en se délaminant moyennement sur le
pont et bien plus sur la carène.
Evidemment vus les dégâts, aucun shaper ne voulait perdre
son temps à tenter la réanimation ! Un mot, un geste et
Bolly fait le reste !
Il y a certains shapers qui recollent la fibre délaminée
en remetant une fine couche de fibre de verre et de résine entre
le pain et la partie délaminée. Mais par
expérience, j'ai constaté qu'une fois que le pain a bu de
l'eau de mer en surface, la soudure entre le pain abîmé et
la fibre délaminée ne se faisait pas aussi solidement
qu'à l'origine et donc la zone reste mal stratifiée. Il
vaut mieux arracher la fibre délaminée, reponcer le pain
en enlevant au moins un ou deux millimètres de mousse
"salée" et jaunie et restratifier proprement avec de la nouvelle
fibre de verre et de la nouvelle résine bien claire !
Je me suis donc lancé dans les gros travaux après presque
6 mois de séchage. Le but du jeu consistait à ne pas
délaminer la planche intégralement mais à inciser
au delà de la délamination pour avoir ainsi une
séparation nette et propre entre le pain et la fibre. J'ai
utilisé un bon gros cutter sans trop de mal car les CHEVALIER
sont très fines (trop fines !) et obtenu une délimitation
bien nette. Après j'ai poncé le pain jauni et
cabossé pour récupérer un pain tout blanc et tout
propre. Mais je me retrouvais toujours avec deux morceaux !!! Ma
solution est de renforcer la latte brisée et de rajouter 4
lattes de 40 cm dans la masse du pain en creusant dans la
matière sans que cela ne se voit à la surface du pain. En
général, j'évide deux cavités de part et
d'autre de la latte sur 20 cm de profondeur sur chaque morceau de
planche et d'une largeur supérieure d'un centimètre
à la largeur de la nouvelle latte. Ainsi les deux morceaux de
pain mis bout à bout ont en regard 4 petites cavités :
deux le long de la latte centrale et deux en plein milieu entre la
latte et le rail. J'utilise des petites lattes en bois achetées
chez BRICOMACHIN en pin ou sapin d'une largeur inférieure
à l'épaisseur du pain et d'une épaisseur de
± 7 ou 8 milimètres.
Ensuite, je coule un mélange de résine + micro-ballons
dans les 4 petites cavités (de 20 cm de profondeur) d'une des
deux demi planches et y introduis les 4 réglettes en bois le
plus parallèlement possible par rapport à la latte
centrale. La résine une fois figée, je me retrouve avec,
dirons-nous, d'une part avec une demi planche "mâle" dans
laquelle sont déjà coulées la 4 lattes et qui
dépassent de 20 cm et d'autre part une demi planche "femelle"
dans laquelle il y a les 4 petites cavités de 20 cm de
profondeur prêtes à acceuillir ces messieurs ! ;-)
La suite est plus délicate car il s'agit maintenant de couler le
mélange de résine dans les 4 cavités et d'y
enchasser la demi planche "mâle" de façon à
resolidariser les deux demi planches tout en prenant garde le faire
pile dans l'axe pour ne pas avoir une planche vrillée !!! Car
une fois la résine figée, je peux vous promettre que
ça ne cassera plus jamais à cet endroit !!! Mon truc
à moi est de fixer solidement la partie femelle à la
verticale (à une table, un balcon... enfin un truc solide et
bien vertical... Hmmmm c'est très sexuel en fait ;-) Non,
j'déconne, c'est une image bien sûr !!!).
Je reprends : donc la partie femelle pile à 90° à
l'aide d'un niveau à bulle, de remplir les 4 cavités de
résine et de venir doucement enchasser la partie mâle
jusqu'à ce que les deux parties de pain soient en contact.
Ensuite, je maintiens fermement les deux parties ensemble et dans l'axe
pendant 20 minutes jusqu'à ce que cela soit figé. Et le
tour est joué ! Mon conseil, il faut le faire plusieurs fois
"à blanc" sans avoir mis la résine pour être
certain que les deux parties s'emboîtent parfaitement l'une dans
l'autre... Hmmmmmm...ça devient même porno ;-)
Rajouter le shéma des
5 étapes de la solidarisation de la CHEVALIER
(déjà fait)
Un nouveau petit
coup de ponçage s'impose
pour mettre les deux parties soudées parfaitement à
niveau. Il y a certainement une fissure visible à l'endroit
où les deux morceaux sont soudés. Selon les cas, c'est
même un peu profond ou évasé sur les
côtés... Ce n'est pas grave, il suffit de faire un
coffrage, comme pour le béton, tout autour de la planche et d'y
couler un mélange de résine (+ micro-ballon) bien fluide
pour remplir la fente. Mon conseil : masquez
l'intégralité de la fente en laissant la petite trappe
sur la carène. Lorsque vous remplirez le coffrage, placer la
planche sur des tréteaux, la carène vers le haut et le
pont vers le bas, ainsi la résine épousera mieux la forme
arrondie du pont.
Maintenant que la soudure est parfaite et bien à niveau avec le
pain, il va falloir passer à la stratification. Cependant la
réparation se verra au travers de la résine, donc je
choisis souvent de plaquer à même le pain un tissu de
couleur (100% coton ou 100% soie pour les friqués).
Là, libre choix dans le tissu... Evitez la nappe de la belle
mère sauf si le divorce est recherché !
Un paréo tahitien ou la robe d'été de la demi sœur
conviendront parfaitement ;-)
Cette couche de tissu supplémentaire rajoutera un ptit
côté roots et original, masquera la vilaine fissure et
consolidera davantage la planche. Il faut vous faire une raison, la
board va prendre du poids (!) c'est évident... mais bon c'est
une réparation de la dernière chance... donc au lieu de
la foutre au mur ou à la poubelle... pour moins de 100 euros
vous récupérez l'engin qui ne craindra plus le shore
break... enfin.. du moins à l'endroit qui est
réparé !!!
Donc éh bien là on entre dans la rubrique stratification
et décoration... c'est le moment de faire jouer ses talents
d'artiste et de laisser sa trace sur le pain avant de l'engluer ! Logo,
graffiti, tissus, marqueterie, incrustations, fleurs et feuilles
séchées... évitez les insectes vivants...
ça moisit ;-)
Donc pour faire simple, j'ai découpé un vieux drap
à fleurs sur une largeur de 30 cm et stratifié la bande
pour masquer la fissure de part et d'autre de la planche. Une fois la
réparation masquée, le jeu consiste maintenant à
mettre successivement des couches de fibre de verre (maximum 300 gr/m2
- minimum 150 gr/m2) et de résine par dessus le pain
délaminé jusqu'au même niveau de la couche de fibre
de verre originale (celle du shaper). C'est assez délicat, mais
c'est jouable. Il faut veiller à venir chaque fois avec la fibre
de verre jusque sur la délimitation faite au cutter. Je me suis
fait la main sur le pont qui supporte mieux les
irrégularités pour être au point avant d'entamer la
carène car celle-ci est plus en contact avec l'eau et doit
être parfaite.
Souvent mécontent d'une couche à l'autre, je prenais ma
ponceuse et remettais tout bien à niveau pour avoir une surface
la plus régulière possible avant glaçage.
Une fois les deux côtés faits, un dernier coup de ponceuse
s'imposait avant la dernière couche de fibre. Quitte à
prendre du poids, j'avais opté pour une couche de fibre de verre
plus fine (du 120 gr/m2) qui recouvrirait la réparation, toute
la zone délaminée ainsi qu'une vingtaine de
centimètres de part et d'autre du joint entre mes couches de
fibre et le glaçage du shaper. Mon conseil : poncez
grossièrement le glaçage (tant pis pour le
côté brillant) car il contient du styrène et donc
empêche une bonne stratification entre l'ancien glaçage et
cette dernière couche de fibre de verre que vous superposez.
Voilà, la planche de JC est presque comme neuve !
Elle a pris 2 kilos mais elle est "unbreakable". ;-)
Cette dernière couche de fibre posée de chaque
côté, un dernier coup de ponceuse sur les rails s'imposait
avant le glaçage final. J'avais opté pour un
glaçage mat par dessus toute la réparation et ensuite un
ponçage bien fin pour essayer de retrouver l'effet
"patiné" de la planche originale et éviter toute
différence de niveau entre la réparation et l'ancien
glaçage.
Et voilà l'travail, après quelques bonnes suées et
pour moins de 100 euros, notre ami JC est reparti avec une CHEVALIER
unique au monde et bien plus solide (et plus lourde aussi !) que
l'originale ;-) MISSION ACCOMPLIE
Rajouter une photo de la planche de JC finie - (à
faire)
4 - Nous voilà fièrement arrivés à la
quatrième aventure qui ressemble fortement à la
troisième sauf qu'il s'agit cette fois-ci d'une 9 pieds Stewart
Hydrohull massacrée par notre téméraire copain
hollandais, j'ai nommé Monsieur Pieter. Celui-ci s'est
aventuré dans une vague trop proche du bord et la magnifique 9
pieds s'est rompue en deux morceaux très nettement cassés
mais avec une délamination assez importante !
Une fois de plus, le petit bolide semblait irréparable et le
pauvre hollandais l'a mise à la poubelle !
Piou toujours aux aguets et
attentif comme le renard, avait
assisté à la scène et a
récupéré la planche pour Mister Bolly en se disant
que celui-ci pourrait bien en faire quelque chose... Bien vu l'artiste
! La planche (mis à part qu'elle était en deux morceaux)
était en très bon état, sans autre pok ni
enfoncement. J'ai pensé que ça valait donc le coup
d'essayer de la réparer et de me faire ainsi une deuxième
9 pieds pour compléter mon quiver.
La technique de réparation ressemble très fort
à celle de la CHEVALIER mais les surfaces
délaminées et la longueur de la planche m'ont
obligé à prévoir plus de fibre de verre, plus de
résine et 6 lattes en bois au lieu de 4. D'entrée, je
savais que la planche allait prendre au moins 3 kg de poids en plus.
Toutefois, il y avait d'autres différences qu'avec la planche
précédente :
- la délamination était bien plus importante
- stratification plus épaisse
- glaçage brillant
- beauté de la planche à essayer de conserver (!)
- cassure en diagonale et irrégulière
Pour commencer, un séchage long s'imposait car elle avait bien
bu...
Eh oui ! C'était la canicule !!! Ne l'oublions pas !!!
Ensuite, j'ai décidé de donner une forme spéciale
et arrondie à la délamination que j'allais prolonger.
Pour masquer la future réparation, j'ai également
opté pour un tissu de couleur bleue épousant la forme de
la partie à restratifier. Et enfin, poussons le vice jusqu'au
bout : grâce à Pascale, ma douce, j'avais
récupéré des feuilles de bois et de couleurs
différentes utilisées en marqueterie (de ± 0,3 mm
d'épaisseur). J'ai donc réalisé une petite
composition en dammier de marqueterie tout autour de mon fameux logo
"B" ou "13" (c'est comme on veut...) que j'ai collée par dessus
la réparation avant de supperposer les couches de fibre de
verre.
Après, les étapes successives sont quasi les mêmes
que pour la CHEVALIER, je résume le tout :
Rajouter une photo du
chantier dans l'appart ! (à faire)
- faire sécher longuement
- réaliser une délamination propre et nette avec un
cutter bien affûté au délà de celle
causée par le crash
Rajouter le gros plan sur la
délamination faite au cutter (déjà faite)
- creuser les 6 petites cavités dans chaque demi planche,
bien en regard et sur 20 cm de profondeur
- préparer les 6 lattes en bois de 40 cm de long
- couler la résine dans une des deux demi planches et enchasser
les lattes pour en faire la partie "mâle"
- positionner la partie "femelle" bien à 90 ° et
vérifier que les petits trous correspondent à la place
des lattes de l'autre partie
Rajouter le schéma
des étapes de la resolidarisation de la Stewart
(déjà fait)
- couler la résine dans la partie femelle et introduire la
partie "mâle" jusqu'à ce que les deux parties ne fassent
plus qu'une... Hmmm... ;-)
- bien vérifier la jonction et l'axe et maintenir fermement
jusqu'à ce que la résine ait figé
Rajouter la photo du gros plan sur
la délamination (déjà faite)
- petit séchage (1 ou 2 heures)
- poncer le pain et préparer la surface pour effecer tous les
enfoncemments et traces du passé !
- colmater la fissure et la mettre à niveau avec le pain tout
neuf et tout blanc

- découper le tissu de couleur pile à la même
forme que la délamination faite au cutter
- pré-encoller le pain et y apposer le tissu de couleur
- petit séchage (1 ou 2 heures)
- idem pour l'autre côté
- par dessus la réparation, coller le logo en marqueterie sur
toute la largeur de la planche
- petit séchage (1 ou 2 heures)
- idem pour l'autre côté
- ensuite superposition des différentes couches de fibre de
verre de ± 300 gr/m2 à 150 gr/m2)
Rajouter les 2
schémas des étapes de stratification de la Stewart
- idem pour l'autre côté
- long séchage (24 heures)
- élimination de toutes les impuretés et
différences de niveau et de relief
- avant dernier ponçage avant le glaçage (grossier et
puis de plus en plus fin)
- idem pour l'autre côté
Rajouter une photo du
travail en cours : stratification finie et ponçage fini
- nettoyage et élimination des impuretés avec
l'ESSENCE F
- glaçage
- idem pour l'autre côté
- séchage moyen (4 à 5 heures)
- ponçage très très fin à l'eau et à
la main
- idem pour l'autre côté
- et PLOUF !
Rajouter une photo du travail fini : recto / verso
![]() stewart2 |
![]() stewart3 |
![]() chantier01 |
![]() chantier2 |
![]() coffrage1 |
![]() pansement |
![]() stewart11 |
![]() stewart12 |
![]() stewart13 |
![]() stewart14 |
![]() stewart15 |
![]() stewart16 |
![]() stewart17 |